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La revue thomiste

Contenu éditorial

Légende: Bernard Dumont (et alii), La dignité humaine  ----  Copyright: Éditions Pierre-Guillaume de Roux

La dignité humaine, Heurs et malheurs d’un concept maltraité (dir. B. Dumont, M. Ayuso, D. Castellano)

Écrit par : Dominique Urvoy
Publié le : 24 Septembre 2021
  • Lien d'achat externe: https://www.laprocure.com/product/321145/la-dignite-humaine-heurs-et-malheurs-d-un-concept-malmene

Le concept de dignité humaine est « une valeur conventionnelle  » dont le succès, après la fin de la Seconde Guerre mondiale a entraîné sa dispersion  au point de perdre beaucoup de sa signification consensuelle. D’où un  besoin de clarification. Les sept contributeurs, d’origines diverses, prolongent dans cet ouvrage leurs recherches déjà menées indépendamment.
Considérant l’ensemble de la philosophie classique, S. Luquet conclut que, malgré une réelle évolution de perspective avec Pic de la Mirandole, le premier a mettre explicitement en avant la valeur de « dignité de l’homme », celle-ci tient alors « à ce qu’étant par nature en ce monde, il n’est, par sa vocation, pas tout à fait de ce monde ». Rappelant, avec Cicéron, que la dignité est une perfection morale et non une propriété essentielle, S. M. Lanzetta souligne que, selon la conception chrétienne, c’est en tant qu’il conserve la grâce de sa restauration dans le Christ [que] l’homme devient vraiment « digne ». D’où la mise en question de la conception kantienne selon laquelle l’homme est une fin en soi, la dignité et l’humanité s’identifient. 
G. Golfin montre en particulier l’usage rhétorique qui a été fait de ce principe, et notamment en Allemagne fédérale où on a récusé une fondation jusnaturaliste de l’ordre politique et substitué au principe de justice la dignité humaine, fonctionnant comme un principe modérateur. Mais on en a aussi montré deux difficultés majeures : d’une part la dignité est indémontrable, elle est un principe arbitraire ; de l’autre ce principe est en lui-même indicible. Par suite, « la dignité humaine est bien assimilable à un effet de langage, dont la finalité est d’impressionner les esprits, non de les instruire ».
La seconde partie du livre est intitulé « Le multiplicateur catholique ». J. Kirwan montre la compromission en ce sens de Jacques Maritain dont la philosophie politique a préparé l’abandon par l’Église de son attitude fondamentalement antimoderne pour devenir « peut-être le premier défenseur institutionnel des droits de l’homme au monde » (G. Weigel). J. Alvear Télles montre l’influence exercée également par John Courtney Murray : « L’Église (dans sa dimension humaine) n’a en vue que l’exemple constitutionnel nord-américain comme meilleur modèle de relation entre le principe temporel et le principe spirituel, en supposant que cette structure se fonde sur la dénommée “dignité de la personne humaine”. Rien d’autre ne compte. »
Dans la troisième partie, « Les apories d’un concept incertain », D. Castellano montre l’échec de ce que A. Del Noce a appelé le « cléricalisme », qui est « une tentative renouvelée et permanente allant de pair avec l’aile de l’Histoire censée aller de l’avant ». N. Huten dénonce l’instrumentalisation de la dignité humaine dans le Droit contemporain et constate l’échec de son application, incapable de contrecarrer les évolutions de la contraception, les avortements et les expériences sur les embryons.
Les éditeurs du recueil appellent, en conclusion, à « tirer la leçon des échecs, pour reprendre le dossier sur des assises philosophiquement et théologiquement sûres, [la] “tradition”, non telle que la définit la culture dominante, mais telle qu’elle est, plutôt que s’évertuer à jeter des passerelles en direction de radeaux à la dérive ».

 

Légende: Albert Farges, Philosophie du mouvement  ----  Copyright: Éditions Téqui

Philosophie du mouvement (A. Farges)

Écrit par : Ghislain-Marie Grange
Publié le : 24 Septembre 2021
  • Lien d'achat externe: https://www.laprocure.com/product/255284/farges-albert-philosophie-du-mouvement-la-theorie-du-moteur-et-du-mobile

La fin du XIXe siècle, à la suite de l’encyclique Aeterni Patris de Léon XIII, a connu un mouvement de redécouverte de la philosophie de saint Thomas d’Aquin. Certaines figures en sont très connues (Garrigou-Lagrange, Sertillanges, Tonquédec). Dans ce petit ouvrage, Michel Bastit nous fait découvrir un philosophe plus discret : Albert Farges. Cet auteur a le mérite d’avoir entrepris un dialogue avec la science de son temps, c’est-à-dire, ici, avec une physique newtonienne qui cherche à s’affranchir d’un mécanisme strict. C’est dans cette optique qu’est rédigé le bref ouvrage proposé ici : il s’agit d’une introduction à la nature du mouvement datant du début de la carrière de l’auteur, probablement de la fin des années 1880. 
L’axe de l’étude est le mouvement observé dans l’action d’un moteur sur un mobile. On lit en filigrane la confrontation avec Newton, néanmoins peu cité. L’auteur cherche à retenir l’attention du physicien anglais au mouvement tout en dépassant une interprétation mécaniste. M. Bastit explique dans sa préface que « Farges interprète les forces physiques newtoniennes en termes de dynamisme naturel et y voit une manière de surmonter le mécanisme cartésien » (p. 9). 
Les cinq premiers chapitres rappellent les thèses essentielles d’Aristote sur le mouvement : celui-ci ne se démontre pas mais se constate; on en rend compte par les notions d’acte et de puissance, parce qu’il est « l’acte du possible comme tel » (p. 41) ; le mouvement local est le premier type de mouvement. La définition d’Aristote est donc plus adéquate que celle de Descartes qui restreint le mouvement au seul mouvement local ce qui le conduit à nier l’activité des corps. 
Les chapitres suivants entrent plus avant dans l’étude du rapport entre moteur et mobile. Le mobile passif ne fait que recevoir l’acte du moteur, tandis que celui qui est actif de quelque manière réagira à l’action du moteur selon ce qu’il est. Ces éléments sont importants pour bien comprendre ce qu’est la perception sensible, expliquée dans le dernier chapitre. Le Créateur a donc déposé une certaine quantité d’énergie dans le monde, quantité qui se conserve tout en passant d’une forme à une autre. Il y a dans le monde des actions qui, sous la dépendance de la Cause première, transforment l’énergie mais ne la créent pas. 
Le problème le plus difficile à résoudre est celui de l’action à distance : dans ce cas, le moteur agit hors de lui-même. À nouveau, l’auteur s’appuie sur la philosophie d’Aristote et de saint Thomas d’Aquin. C’est par le même acte que l’agent agit et que le patient pâtit. Si un corps n’est pas présent par sa substance, il peut l’être par son action. L’action peut ainsi s’étendre à d’autres corps par une série de contacts. Alors qu’un accident ne peut pas se détacher d’une substance, l’essence de l’action est précisément d’aller du moteur au mobile. L’arrière-fond de cette discussion est très probablement la question des forces qui agissent à distance. 
On a donc ici un exposé clair de la philosophie du mouvement de saint Thomas, guidé par les problématiques de la fin du XIXe siècle et de sa physique. Même si celles-ci vont profondément changer au cours du XXe siècle, la réflexion sur la nature de l’énergie et des actions réciproques des corps est toujours aussi nécessaire, et peut encore s’appuyer sur la métaphysique d’Aristote et de saint Thomas. 

 

fr. Ghislain-Marie Grange, op

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