Les principes fondamentaux de la pensée de Johann Baptist Metz : de l’anthropocentrisme chrétien à la théologie politique (I)

Jaime Mercant Simó
8,00 € l'unité
2021 - Fascicule n°2
121
CXXI
2
2021
275 - 312
Article
theologie politique

Résumé

Il y a une nette évolution dans la pensée de Johann Baptist Metz, ce qui nous permet de parler d’un premier et d’un second Metz, bien que notre auteur soit surtout connu pour la deuxième étape de sa pensée, centrée sur sa Politische Theologie. Cette deuxième époque ne doit pas être analysée, comme la plupart des auteurs le font souvent, séparément de la première, caractérisée par son transcendantalisme et par son œuvre Christliche Anthropozentrik. L’objet de cette étude — divisée et publiée dans deux fascicules différents de la Revue thomiste — consiste en l’analyse de la pensée de Metz, tant de sa première étape que de sa seconde, mettant en évidence son évolution (homogène) et ses éléments fondamentaux (principes et concepts), qui donnent unité à toute son œuvre.

Extrait

En 1976, Johann Baptist Metz (1928-2019) écrivait dans la célèbre revue Concilium — dont il était cofondateur — à propos de la théologie de son ami et ancien maître Karl Rahner : « En se tournant vers le “sujet”, la théologie de Rahner a débordé les limites de la théologie classique.  Sa théologie a détaché le sujet du rocher de l’objectivisme scolastique qui paralysait  considérablement la théologie classique. » Mais Metz fait cette laudatio à un moment où il est lui-même devenu un critique énergique du transcendantalisme de son maître, même si celui-ci a été décisif, surtout dans la première étape de sa réflexion théologique. En optant pour la Theologie der Welt (théologie du monde) et la Politische Theologie (théologie politique), Metz a cherché à se distancier d’une certaine manière de la pensée de Rahner. Nous pouvons donc dire que chez Metz il existe sans doute une évolution de sa pensée, à savoir un premier et un second Metz, une étape de transcendantalisme et une étape de théologie politique, si bien que quelques auteurs, comme Benoît-Marie Roque — dans son intéressante thèse doctorale — préfèrent parler de trois phases : transcendantalisme, théologie politique et memoria passionis...