Le statut ontologique de l’accident selon Thomas de Sutton

Serge-Thomas Bonino o.p.
5,00 € each
2012 - Fascicule n°1 2012 - Tome CXII
121 - 156
Article
Thomas de Sutton, Accident, statut ontologique, Substance

Résumé

Cette étude recueille et synthétise les enseignements de Thomas de Sutton sur le statut ontologique de l’accident en tant qu’accident. Après quelques réflexions sur le réalisme catégorial de Sutton et sa vision de l’accidentalité comme caractéristique métaphysique de l’étant créé, elle présente la doctrine de Sutton sur l’analogie prédicamentale de l’étant, avant de se concentrer sur plusieurs questions qui touchent à l’être de l’accident (existence d’un esse formel propre de l’accident, problèmes liés à l’inhérence de l’accident dans la substance au regard du dogme eucharistique, question de l’intensification des formes accidentelles, rôle des accidents dans la génération et l’individuation des substances…). Enfin, l’agir révélant l’être, elle envisage ce que l’articulation entre la substance et les accidents dans l’ordre de l’agir nous apprend de l’accident.

Extrait

Le dominicain anglais Thomas de Sutton a naguère été présenté, entre autres en 1974 par Mgr Palémon Glorieux, comme le père putatif de l’opuscule De natura accidentis jadis attribué à saint Thomas d’Aquin. Cette paternité n’est plus guère soutenue. Certes, il ne manque pas de thèses communes au De natura accidentis et aux oeuvres authentiques de Thomas de Sutton, mais il ne manque pas non plus de sérieuses divergences. Toutefois, étudier la manière dont le théologien dominicain rend compte du statut de l’accident dans la structure ontologique des étants représente une perspective de choix pour préciser le contexte doctrinal dans lequel se développe au tournant des XIIIe et XIVe siècles la réflexion sur l’accidentalité, dont l’opuscule De natura accidentis est un autre témoin. L’objectif de cette étude est donc de recueillir, sur le thème de l’accidentalité, les enseignements de Thomas de Sutton qui se trouvent dispersés dans ses diverses oeuvres, spécialement dans ses abondantes Quaestiones ordinariae et ses Quodlibeta, dans l’intention de les ordonner et de les présenter sous forme synthétique.