Marcel De Corte et la vertu de justice

Adrien Peneranda
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2025- Fascicule n°2 2025 - Tome CXXV
125
CXXV
Juin 2025
2
2025
315 - 323
Article
Justice

Résumé

Marcel De Corte (1905-1994), philosophe belge spécialiste de la pensée d’Aristote et critique de la modernité a renouvelé la conception de la justice ancrée dans l’aristotélisme et le thomisme en mettant l’accent sur son caractère objectif et sa relation au bien commun. Le texte présente la perspective de M. De Corte sur le système juridique moderne et sa tendance à élaborer une théorie de la justice plutôt que de rechercher ce qui est juste en soi. Il expose ensuite l’alternative réaliste proposée par l’auteur et fondée sur la redécouverte des vertus cardinales avec la place spécifique occupée par la justice en leur sein et l’importance de la philosophie morale pour l’enseignement dans les facultés de droit.

Extrait

Marcel De Corte (1905-1994) est un philosophe belge du XXe siècle, docteur en philologie classique surtout connu pour être un spécialiste de la pensée aristotélicienne et pour son analyse aiguë des mœurs contemporaines et de l’idéalisme moderne. Il a pu être considéré comme l’un des grands philosophes thomistes de langue française au XXe siècle aux côtés d’Étienne Gilson, de Jacques Maritain ou encore de Charles De Koninck. De Corte a été l’élève à Paris de Gilson et de Maritain et un ami de Charles De Koninck chez qui il se rendra à Laval lors d’un séjour d’enseignement en 1959. Gilson a préfacé sa thèse d’agrégation, grâce à laquelle Marcel De Corte avait lu les commentateurs d’Aristote. Il en avait alors conclu que Thomas d’Aquin était le meilleur interprète de l’œuvre du Stagirite. Publiée sous le titre de La doctrine de l’intelligence chez Aristote en 1934, Étienne Gilson n’avait pas hésité à écrire dans sa préface : « Je ne puis que […] dire tout le bien que je pense de ce travail, un des plus remarquables, à mon sens, que l’on ait consacrés à la noétique d’Aristote. […] les analyses de M. De Corte doivent affecter de manière définitive notre interprétation de saint Thomas. »