Définition : acte humain

  1. En morale on distingue acte de l’homme et acte humain. L’acte de l’homme (actus hominis) est tout acte produit involontairement par l’homme, comme de respirer, de digérer, etc. L’acte humain (actus humanus) est l’acte voulu et délibéré, comme de prier ou d’étudier.
  2. Saint Thomas propose une analyse complexe et serrée de la structure de l’acte humain en douze actes. Huit concernent l’ordre d’intention et quatre l’ordre d’exercice ou d’exécution et ils sont répartis, selon les cas, en actes de la raison pratique et en actes de la volonté. Ces actes concernent d’abord la fin, ensuite les moyens. La fin se trouve au principe et au terme du processus de l’acte, le choix des moyens est au centre. Dans l’ordre d’intention, il y a la connaissance simple (1) et le vouloir simple de la fin (2), puis la connaissance intentionnelle (3) et l’intention proprement dite de la fin (4), ensuite la délibération accompagnée du consentement (6), lequel est suivi immédiatement du jugement pratique par la raison (7) et du choix concernant les moyens par la volonté (8). Ainsi la raison pratique est à même de commander (9) pendant que la volonté use activement des moyens (10). Du côté de la raison pratique, à l’usage actif volontaire correspond l’usage passif ou impéré (11). L’achèvement réside dans la jouissance ou possession de la fin (12). La présentation analytique des douze actes ne doit pas dissimuler le fait que, pour saint Thomas, ce processus, où la raison et la volonté jouent ensemble et réciproquement par involution mutuelle des facultés, se passe concrètement sans discours et peut se faire très rapidement. C’est seulement pour les besoins de l’analyse que saint Thomas décompose l’acte humain. Cette structure n’a rien d’artificiel, elle correspond a une réalité psychologique et morale profonde. Les tentatives modernes pour en réduire le schème à quelques opérations simples n’aboutissent qu’à dénaturer un processus subtil qui correspond à une réalité vivante et complexe par nature.
  3. Saint Thomas note qu’il ne peut y avoir d’acte humain moralement indifférent. Tout acte humain est toujours qualifié moralement, car tout acte est inspiré par une intention et rapporté à une fin. Un acte humain est toujours délibéré, il n’est jamais neutre, cf. ST, Ia-IIae, q. 18, a. 9.

Voir Philippe-Marie Margelidon, Yves Floucat, Dictionnaire de philosophie et de théologie thomistes, Parole et Silence, 2023, p. 31-32.