Note de lecture (sur Étienne Nodet, Le Fils de Dieu, Procès de Jésus et Évangiles)
Extrait
Le frère Étienne Nodet fut l’un des piliers de l’École biblique et archéologique française de Jérusalem pendant plus de quarante ans. Il est décédé le 4 février 2024 en plein travail sans avoir achevé ce qu’il voulait, notamment l’édition critique des Antiquités Juives que lui avaient confiée les éditions du Cerf. Cinq mois avant sa mort — en septembre 2023 —, il put néanmoins mettre une dernière main à un ouvrage qui lui tenait à cœur : Le Fils de Dieu, Procès de Jésus et Évangiles, dans lequel il revient d’une manière plus achevée sur ses thèmes bibliques de prédilection. Il livre ainsi à la communauté scientifique une synthèse de sa recherche personnelle élaborée pendant des décennies. Les habitués de l’A. y retrouveront des hypothèses déjà défendues dans le passé mais aussi de nouvelles résultant de ses dernières lectures. Sa pensée reste toujours aussi touffue et originale — et parfois discutable. Mais, exposée avec davantage d’amplitude et une clarté inédite, il s’en dégage une plus grande cohérence, la rendant plus facilement compréhensible et abordable pour le commun des lecteurs. Comme dans ses ouvrages précédents, l’A. fait preuve d’une érudition admirable, tant historique que biblique, citant abondamment les écritures, les sources juives et romaines anciennes, les pères de l’église et nombre d’auteurs contemporains notamment anglophones. Cette érudition procure à l’ouvrage un grand intérêt, même si les partisans d’une « lecture classique » du Nouveau Testament seront sans nul doute rebutés par certaines idées originales de l’A. Mais, selon l’adage communément admis par les habitués de ses écrits, « il y a toujours du bon à prendre chez Étienne Nodet ».