Le philosophe Yves Simon, disciple et collaborateur de Jacques Maritain, pour un « thomiste vivant » (1929-1938) (I)

Bernard Hubert
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2021 - Fascicule n°3
121
CXXI
3
2021
507 - 544
Article

Résumé

Ayant rencontré Jacques Maritain en 1922 et lu une bonne partie de ses ouvrages, Yves Simon ne se décida qu’en 1929 à poursuivre, sous la direction de Jacques Maritain, un travail de doctorat sur un sujet de métaphysique : l’action immanente. Il fut sollicité par celui-ci pour recenser La Philosophie bergsonienne et pour donner un cours de cosmologie en bénéficiant d’un accompagnement bienveillant et d’un soutien effectif de Jacques Maritain pour obtenir en 1930 une charge d’enseignement à l’Institut catholique de Lille. En même temps que ses premières recherches sur l’action immanente, qui comprenaient un examen approfondi de la conception aristotélico-thomiste de la connaissance sensible, Yves Simon encouragé par Jacques Maritain, se lança aussi dans des recherches sur la connaissance pratique. Ayant soutenu sa thèse en avril 1934, le disciple de Jacques Maritain, en possession d’un solide habitus philosophique sur le plan spéculatif et sur le plan pratique publia simultanément deux livres : Critique de la connaissance morale et Introduction à l’ontologie du connaître, dans les collections dirigées par son maître.

Extrait

Parmi toutes les personnes qui ont rencontré ou fréquenté Jacques Maritain, qui ont traduit ses œuvres ou collaboré avec lui, le philosophe Yves Simon tient une place tout à fait singulière puisque, dès 1922, il a été l’étudiant de Jacques Maritain à l’Institut catholique de Paris, et parce que, à partir de 1927 il s’est engagé dans un cursus de philosophie scolastique puis en 1929 dans un travail de doctorat sous la direction du philosophe de Meudon, enfin parce que, à partir de l’année 1934, il a été par son travail et par ses écrits un collaborateur efficace et précieux de Jacques Maritain jusqu’à son départ aux États-Unis en 1938 ; et last but not least parce que sur place, outre-Atlantique, il a été un véritable « frère d’armes » de Jacques Maritain en défendant, jusqu’à son décès en 1961, par ses publications les couleurs du « thomisme vivant » dans les débats de la refondation de la démocratie. En outre, Yves Simon a correspondu régulièrement pendant plus de trente ans (1927-1961) avec Jacques Maritain, nous laissant un témoignage de leur profonde amitié