L’animal et l’homme : Notes bibliographiques
Extrait
Après la question sociale et la question juive, la question écologique,plus étroitement la question animale, qui est à la fois philosophique, juridique et politique, a fait son apparition en théologie. Nous avions eu le procès de l’ontothéologie, voici celui de « l’humanisme anthropocentrique » occidental, dont le christianisme serait la matrice principale. La radicalité des interrogations déconstructivistes y a conduit. Derrida, Deleuze, Fontenay et d’autres l’ont en quelque sorte orchestré. L’abolition de l’homme conduit à « l’impensé de la philosophie occidentale », nous dit-on. Lévi-Strauss (1908-2009) critiquait jadis l’humanisme et le judéo-christianisme, responsables selon lui de l’asservissement des animaux. Selon certains animalistes contemporains, Aristote, et saint Thomas d’Aquin après lui, seraient les idéologues de cette occultation animale. Ils justifieraient cet asservissement. Sartre et Lévinas sont accusés de ne pas avoir rompu avec le rationalisme essentialiste de la philosophie médiévale et classique, car l’un et l’autre ont rabaissé l’animal en lui déniant le sentiment de son existence. En revanche, parmi les ancêtres de la cause antispéciste, on cite volontiers Pythagore, Porphyre et Plutarque, Montaigne, Fontenelle, Diderot, Maupertuis, Voltaire, Hume, Rousseau, Bentham et l’utilitarisme, Darwin et l’évolutionniste continuiste, Schopenhauer. Les frontières entre l’homme et l’animal ne sont pas si nettes que les idéologues et le christianisme ont pu le dire, la différence est infime, non d’essence, mais de degré. Il faut en finir avec l’exception humaine.