Chronique d’ecclésiologie (I)

François Daguet o.p.
5,00 € l'unité
2026 - Tome CXXVI 2026 - Fascicule n°1
126
CXXVI
Mars 2026
1
2026
129 - 137
Chronique
Thomas d'Aquin, Ecclésiologie

Extrait

Nul n’ignore que le concile Vatican II a été précédé, durant plus d’un siècle, par une extraordinaire effervescence théologique qui a largement nourri ses travaux tout en les préparant. On sait aussi que cet élan s’est brusquement interrompu après le Concile, et que rares ont été les développements ecclésiologiques significatifs consécutifs au renouveau dont celui-ci était pourtant le signe le plus éloquent. À la vérité, comme le suggérait saint Jean-Paul II au tournant du siècle, l’Église commence tout juste à assimiler l’enseignement conciliaire. Or, pour tout observateur sérieux du Concile — ce qui exclut aussi bien ses contempteurs que les adeptes d’un « esprit du Concile » étranger à sa lettre — la richesse de ses enseignements ne cesse d’apparaître, et il est grand temps que cette source vivifie la théologie contemporaine.
C’est dans cette perspective que doivent être reçus trois ouvrages récents, fruits des travaux de doctorat de leurs auteurs. L’un des axes essentiels du renouveau ecclésiologique amorcé au xixe siècle est la remise en lumière de l’Église en son mystère, qui a suscité un rééquilibrage de l’enseignement de l’Église sur elle-même. Cette approche mystérique de l’Église a permis de sortir d’une présentation d’abord centrée sur la société hiérarchiquement ordonnée, qui aboutissait à privilégier la situation des clercs en son sein. Selon le mot forgé par le P. Congar, l’ecclésiologie était devenue, dans la théologie issue de la Contre-Réforme, une « hiérarchologie ». Parmi les auteurs francophones ayant contribué à la mise en valeur de l’Église en son mystère, le P. Louis Bouyer tient une place significative, et c’est à lui que le P. Grundman, o.p., consacre le premier ouvrage ici présenté.