Revue doctrinale de théologie et philosophie
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Les articles (16)

Voici les articles du fascicule n°1 et 2 du tome CVI de la Revue Thomiste (publiés en 2006).

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  • Résumé

    Tout au long de sa vie, Jacques Maritain a scruté le mystère de l’Église, et étudié notamment la question du lien de l’Église avec les non-chrétiens.
    Dans quelle mesure l’agir droit d’un non-chrétien est-il ordonné à Dieu ? Peut-on parler d’une appartenance à l’Église d’un non-chrétien ? Qu’en est-il des groupes religieux non chrétiens ? Autant de questions que Maritain aborde en se référant à la théologie de Thomas d’Aquin, qu’il explore avec profondeur, non sans la développer sur certains points. Son appartenance, à la fin de sa vie, à la famille spirituelle de Charles de Foucauld lui donne de développer théologiquement le sens de la présence des chrétiens auprès des non-chrétiens.

  • Extrait

    Jacques Maritain s’est toujours penché sur les sujets théologiques avec prudence, estimant que sa vocation était d’abord philosophique, et considérant aussi qu’il ne possédait pas tout l’appareil, issu de la Tradition, requis pour ce labeur. Pourtant, de son propre aveu, il estbien une question théologique qui l’a habité toute sa vie, celle du mystère de l’Église, celle de l’Église saisie comme un mystère, c’est-à-dire une réalité que l’on contemple et dont on vit. Depuis la rencontre du P. Clérissac, en 1908, et la publication posthume que Maritain prend en charge dix ans plus tard de son livre Le Mystère de l’Église, jusqu’au dernier ouvrage publié du vivant de Maritain, De l’Église du Christ (1970), le philosophe thomiste reconnaît que ce sujet n’a cessé d’habiter sa pensée. De fait, sa correspondance avec Charles Journet témoigne de la fréquence de ses échanges avec lui sur l’Église, et qu’il fut pour le théologien de Fribourg, plus encore qu’un interlocuteur perspicace, un incessant stimulateur.

    L’un des aspects du mystère sur lequel Maritain revient à maintes reprises est précisément celui de l’extension de l’Église parmi les hommes, et particulièrement la question de la relation des non-chrétiens à l’Église. En 1932, encourageant Journet à rédiger un traité de l’Église — ce sera L’Église du Verbe incarné —, il lui écrit : « Il faudrait que ce traité éclaire un Hindou et un Chinois, un taoïste et un bouddhiste, comme un luthérien et un orthodoxe. Et plus encore en un sens ! Car ils ne sont pas “séparés”, ceux-là. Et tous, — sauf un péché commis […] — ils sont voto de l’Église. Il faut leur révéler leur maison. » Un an plus tard, un article de Journet dans Nova et Vetera, « Qui est membre de l’Église ? », alimente un échange qui ne prendra fin qu’en 1971, avec la longue recension par Journet du livre de Maritain sur l’Église. À cette date, Maritain est déjà devenu Frère Jacques, dans la communauté des Petits Frères de Jésus. Il y décède deux ans plus tard.

  • Page de début 205
  • Page de fin 242
  • Catégorie Article
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  • Résumé

    Après avoir rappelé la connaissance du monde qui pouvait être celle de saint Thomas, cette étude examine sa position à l’égard des trois grandes
    catégories de non-chrétiens dont il a pu avoir connaissance : les païens, dont il parle surtout d’après la Bible et à l’égard desquels il a plutôt un préjugé favorable ; les juifs qui, mis à part les lieux communs péjoratifs dont il se fait l’écho, bénéficient à ses yeux de la promesse divine qui n’a jamais été révoquée ; les sarrasins, à l’égard desquels il fait preuve d’une incompréhension à peu près totale. En conclusion, le rappel de quelques grands principes thomasiens permet d’envisager favorablement le Salut des non-chrétiens de bonne foi.

  • Extrait

    Dans une page qui mérite encore d’être relue, le P. Chenu décrivait jadis à grands traits la situation du monde telle qu’elle était au moment où vivait saint Thomas :
    Il n’est pas indifférent que saint Thomas soit arrivé à Paris au temps de saint Louis et de Frédéric II, à l’heure où, dans la société nouvelle de l’ère communale, la corporation universitaire concentrait la ferveur et la curiosité qui vont introduire en Chrétienté Aristote et la raison antique, à l’heure où s’achevait Notre-Dame de Paris et s’écrivait le Roman de la Rose, à l’heure où, après Bouvines, défaite conjointe du Saint-Empire et de sa hiérarchie féodale (1214), l’Europe entre dans une ère nouvelle où elle cessera d’être une entité théocratique, à l’heure où l’Islam enveloppe l’Occident de ses succès militaires et le séduit par sa science et sa philosophie, à l’heure enfin où marchands et missionnaires découvrent jusqu’au pays de Catay [comprenez : la Chine] les dimensions de l’univers et la variété des civilisations. Il n’est pas indifférent que, dans la Chrétienté d’Innocent III, Thomas d’Aquin ait été frère prêcheur, et qu’il ait à point trouvé comme maître chez ces nouveaux religieux Albert le Grand.
    Cette fresque suggestive appelle bien des compléments et des nuances, mais elle est assez évocatrice au moment où nous nous apprêtons à parler de saint Thomas et des non-chrétiens. Qui sont ces non-chrétiens ?

  • Page de début 17
  • Page de fin 50
  • Catégorie Article
€5.11
(TTC - TVA à 2.1%)

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  • Résumé

    « Toute vérité, quel que soit celui qui la dit, vient de l’Esprit-Saint. » Cette formule de l’Ambrosiaster, dont la fortune fut considérable, apparaît seize fois dans le corpus thomasien. Elle exprime et illustre chez saint Thomas une triple conviction. Primo, toute vérité, ontologique et logique, vient de Dieu, Vérité première subsistante. Secundo, Dieu se manifeste de quelque manière à travers toute connaissance de la vérité, quelles que soient la valeur morale et l’intention subjective de celui qui l’énonce. Tertio, des vérités religieuses, même d’ordre surnaturel, fruits d’une authentique révélation prophétique orientée vers le Christ, sont disséminées dans les diverses traditions religieuses où elles fournissent un support à la foi implicite des non-chrétiens.

  • Extrait

    Toute vérité, quel que soit celui qui la dit, vient de l’Esprit-Saint (Omne verum a quocumque dicatur a Spiritu sancto est). - Cette proposition, que saint Thomas d’Aquin et ses contemporains attribuent à tort à saint Ambroise de Milan, n’intervient pas moins de seize fois dans l’ensemble de l’oeuvre du Docteur commun. Elle apparaît à juste titre comme une heureuse expression de la spiritualité de saint Thomas, et c’est bien en ce sens que les textes du Magistère récent s’y réfèrent. Spiritualité généreuse qui fait fond sur l’ouverture native de l’intelligence à toute l’amplitude de l’être et donc de la veritas rerum, objective et universelle. Quelle que soit la tradition humaine qui la véhicule jusqu’à nous et nous en ouvre concrètement l’accès, cette vérité vient, en dernière analyse, de Dieu lui-même, et elle a donc vocation à nous reconduire à Dieu. Il revient alors au théologien de recueillir avec soin toutes les parcelles de vérité contenues dans les diverses traditions de sagesse, même étrangères au christianisme, pour les intégrer dans une synthèse supérieure qui soit comme un reflet de la science même de Dieu, quaedam impressio divinae scientiae, quae est una et simplex omnium, et une lointaine anticipation de la vision béatifique. Dans le débat contemporain sur la théologie des religions, arguant de l’« esprit » de saint Thomas, certains théologiens favorables à l’idée d’une « révélation différenciée » n’hésitent donc pas à faire référence à l’usage thomasien de la citation de l’Ambrosiaster pour reconnaître, analogiquement, aux écrits des traditions religieuses non chrétiennes une certaine inspiration et même une valeur de Parole de Dieu.

  • Page de début 101
  • Page de fin 148
  • Catégorie Article
  • Sous-titre Autour d'une citation de l'Ambrosiaster dans le corpus thomasien
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