Revue doctrinale de théologie et philosophie
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samedi, 31 décembre 2011 13:00

Beatus vir

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  • Résumé:

    On tient souvent la doctrine thomasienne de la justification pour préoccupée uniquement de la transformation du pécheur, depuis son état de péché vers l’état de grâce. L’Écriture (particulièrement Rm 4 et le Ps 32) ne va pourtant pas en ce sens lorsqu’elle enseigne que Dieu justifie l’impie en lui imputant sa foi comme justice, ou en couvrant et n’imputant pas son péché. En réalité, Thomas tient que l’imputation et tous les concepts forensiques qui y sont attachés jouent un rôle indispensable pour la compréhension de l’acte divin de la justification. Et cela de trois manières : ils décrivent en effet (1) la reconnaissance par Dieu de la transformation opérée dans la créature ; (2) la disposition de Dieu, enracinée dans son amour, à justifier les pécheurs plus qu’à les punir ; enfin, (3) l’empressement de Dieu, découlant de sa miséricorde, à laisser de côté ce que même la puissance divine ne peut changer, à savoir nos actes passés de péché en tant qu’ils appartiennent au passé.

  • Extrait:

    Depuis le XVIe siècle, la lecture théologique de l’Écriture a fréquemment semblé se prêter à deux manières bien différentes de réfléchir sur la justification du pécheur. La première est centrée sur la sainteté, la seconde sur le pardon ; l’une sur l’œuvre intérieure de Dieu, l’autre sur sa parole extérieure, sur l’amour d’un côté, sur la foi de l’autre. La première est catholique, la seconde est protestante. Ces deux approches divergentes de la justification ont emprunté des noms variés. Celle focalisée sur la sainteté est souvent appelée une conception « ontologique » de la justification, tandis que sa concurrente serait une conception « forensique » ou « juridique ». Il serait plus utile de parler d’une théologie transformative de la justification par opposition à une théologie dispositive de la justification. La théologie transformative considère la transformation des pécheurs en saints par l’amour de Dieu, la théologie dispositive s’attache à la disposition miséricordieuse de Dieu pour pardonner des pécheurs qui chaque jour font la preuve qu’ils ne sont pas des saints.

  • Page de début: 5
  • Page de fin: 34
  • Catégorie: Article
  • Sous-titre: Thomas d'Aquin, romains 4, et le rôle de l'imputation dans la justification
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MARSHALL Bruce

Bruce D. Marshall, théologien catholique laïc, enseigne à la Southern Methodist University de Dallas (Texas), où il occupe la chaire Lehman de doctrine chrétienne. Il a publié Trinity and Truth (Cambridge, 2000) et de nombreux articles sur la théologie de saint Thomas d’Aquin, notamment : « Christ the End of Analogy », dans The Analogy of Being : Invention of the Antichrist or the Wisdom of God (Grand Rapids, 2011), et « The Unity of the Triune God : Reviving an Ancient Question », The Thomist 74 (2010). Il achève actuellement un ouvrage sur saint Thomas et le renouveau de la théologie catholique.

€5.11
(TTC - TVA à 2.1%)

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