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mercredi, 31 décembre 2014 13:00

Thomas d’Aquin : la politique et l’Écriture

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  • Résumé:

    À l’inverse de Bossuet, saint Thomas ne tire pas une « politique des propres paroles de l’Écriture sainte ». Le XIIIe siècle a vu se constituer la théologie en science autonome et, par là même, les disciplines « humaines » acquièrent aussi leur indépendance. S’il ne cite donc jamais la Bible dans son commentaire de la Politique d’Aristote, il mentionne parfois la Politique dans certains de ses commentaires bibliques, en soulignant le cas échéant les concordances entre l’Écriture et Aristote. Dans le De regno (ou De regimine principum), on relève 58 citations scripturaires (surtout de l’Ancien Testament) pour la partie authentique; mais cela représente un pourcentage relativement faible et les citations ne sont là qu’à titre illustratif. Une seconde partie de l’étude analyse
    les commentaires des passages à connotation « politique » dans l’exégèse biblique de saint Thomas (notamment Rm 13, 1-7 ; 1 Co 6, 1-6 ; 1 Co 2, 8 ; Mt 22, 21 ; Jn 18, 36). Les éléments de réflexion politique sont présents mais il n’y a pas de « système » : la science politique est au service de l’exégèse, qui est l’objet premier du travail de saint Thomas.

  • Extrait:

    Le titre initial de ma communication, « Une politique tirée de l’Écriture sainte », était assez attrayant. Il m’a évidemment donné envie de relire Bossuet, et je m’étais dit que je trouverais dans sa Politique tirée des propres paroles de l’Écriture sainte des éléments et une méthode qui pourraient m’aider à construire mon exposé. Mes souvenirs de Bossuet étaient bien lointains… et la lecture de son traité m’a pour le moins surpris. Oui, Bossuet tire de la Bible de quoi faire un éloge en bonne et due forme de la monarchie absolue — les premières lignes de son adresse à « Monseigneur le Dauphin » sont sans ambiguïté :
    "Dieu est le Roi des rois, c’est à lui qu’il appartient de les instruire et de les régler comme ses ministres. Écoutez donc, Monseigneur, les leçons qu’il leur donne dans son Écriture, et apprenez de lui les règles et les exemples sur lesquels ils doivent former leur conduite."
    Bossuet utilise surtout des textes de l’Ancien Testament, qu’il exploite et manipule selon son intention — ce qui laisse quelque peu perplexe le lecteur actuel de la Bible, qui trouve dans les livres historiques de l’Ancien Testament une mise en question constante de la royauté et de tout pouvoir absolu et dans les dénonciations des Prophètes un langage révolutionnaire, que le Nouveau Testament radicalise en l’attribuant à Jésus.
    Peut-on faire un constat similaire avec saint Thomas d’Aquin ? Certes, lui aussi a écrit un traité destiné à l’instruction d’un jeune souverain, le De regno ou De regimine principum au roi de Chypre, et apparemment
    la dédicace va dans le même sens que Bossuet :

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  • Page de fin: 22
  • Catégorie: Article
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DAHAN Gilbert

Gilbert Dahan, médiéviste, est directeur de recherche émérite au C.N.R.S. et a occupé la chaire d’histoire de l’exégèse chrétienne de la Bible au Moyen Âge à l’École Pratique des Hautes Études. Il consacre ses travaux à l’exégèse de la Bible dans l’Occident chrétien du Moyen Âge. Il a publié de nombreuses études sur l’exégèse de la Bible en Occident chrétien au Moyen Âge. Parmi les études récemment publiées, outre les volumes de la collection « Études d’histoire de l’exégèse » (Lectio divina, Cerf, en collaboration avec M. Arnold et A. Noblesse-Rocher) et des actes de colloques sur la Bible au XVIe siècle, on relève un Supplément aux Cahiers Évangile consacré à Dominique et ses frères lecteurs de la Bible au XIIIe siècle (n° 117, sept. 2016), son introduction à la traduction par J.-É. Stroobant de Saint-Éloy des Commentaires des deux épîtres aux Thessaloniciens de saint Thomas (Paris, Cerf, 2016) et « Thomas d’Aquin : exégèse et herméneutique », Revue thomiste 116 (2016), p. 531-556.

 

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