Revue doctrinale de théologie et philosophie
Connexion S'enregistrer

Connexion à votre compte

Identifiant
Mot de passe
Maintenir la connexion active sur ce site
You are here:Accueil > La revue thomiste > Les publications périodiques > 2020 - Tome CXX > 2020 - Fascicule n°1 > Les articles > Bonum diffusivum sui et causalité du bien
vendredi, 19 mars 2021 17:36

Bonum diffusivum sui et causalité du bien

Écrit par
Évaluer cet élément
(0 Votes)

Informations supplémentaires

  • Résumé:

    Si le bien est l’origine de tout ce qui apparaît à sa lumière, la question se pose de savoir à quel titre il est origine et quel statut donner à ce qui se diffuse ? Autrement dit, quelle est sa nature de bien en tant que bien ? Suffit-il de le définir comme diffusivum sui pour l’identifier à l’origine de tout ce qui est ? Saint Thomas prend garde de ne pas confondre diffusion et création en soulignant la non-distinction réelle du bien et de l’être. Il n’y a pas à choisir entre l’être et le bien. Parler, comme Emmanuel Lévinas, d’un « Dieu non contaminé par l’être » ou avec Jean-Luc Marion d’un « Dieu sans l’être », conduit nécessairement à se condamner à suspendre le bien dans le rien et à le confondre avec « l’Un qui n’est pas » de la première hypothèse du Parménide de Platon.

  • Extrait:

    L'expression Bonum est diffusivum sui se retrouve rarement sous la plume de saint Thomas dans les textes consacrés à la question du Bien dans la Somme de théologie (q. 5 et 6), dans la Somme contre les Gentils (cap. 37 et 38) ou dans le De veritate (q. 21) et dans le Commentaire des Noms divins de Denys l’Aréopagite. Ysabel de Andia a souligné que cette formule a sa source dans la comparaison faite par Proclus entre le Bien et le soleil qui du « fait d’être le soleil » envoie ses rayons. Elle a montré que, en réalité, cette expression ne se trouve pas telle quelle chez Denys qui exprime l’acte de se diffuser par différents verbes : se répandre, s’étendre ou rayonner. Quel que soit le champ lexical exploré, le sens doctrinal donné à la définition du bien comme diffusion de soi se rattache à celui de procession (πρόοδος) avec lequel il est toujours mis en relation (ἡ ἀγαθοπρεπὴς πρόοδος). Les processions sont les manifestations de la bonté, que Denys nomme aussi des « communications », des « participations » et des « puissances ». À son tour, la procession (πρόοδος, exitus) est reliée à la conversion (επιστρφή, reditus), car le bien est à la fois l’origine de tout ce qui procède de lui et le terme de tout ce qui aspire à lui. Le double mouvement de procession-conversion va donc du bien au bien. Tout procède du bien et tout retourne au bien. Si le bien est l’origine de tout ce qui apparaît à sa lumière, la question se pose de savoir à quel titre il est origine et quel statut donner à ce qui se diffuse ? Autrement dit, quelle est sa nature de bien en tant que bien ? Suffit-il de le définir comme diffusivum sui pour l’identifier à l’origine de tout ce qui est ?

  • Page de début: 59
  • Page de fin: 76
  • Catégorie: Article
Lu 437 fois
PASQUA Hervé

Hervé Pasqua est professeur de philosophie médiévale. Il exerce ses activités d’enseignement et de recherches dans le cadre du laboratoire de recherche (CRHI) du département de philosophie de l’Université de Nice Sophia Antipolis. Président de la Société Française des Études cusaines, il est aussi titulaire de la Chaire Jean-François Mattéi du Centre Universitaire Méditerranéen (CUM). Il est membre du conseil scientifique de la Revue thomiste.

Il publie actuellement aux PUF, dans la collection Épiméthée, une traduction de l’œuvre latine de Nicolas de Cues. Dernières parutions : Maître Eckhart, le procès de l’Un (Cerf, 2006) ;  Le Jeu de la boule de Nicolas de Cues, traduction, introduction et notes, Paris, Cerf, 2019 ; Nicolas de Cues, l’Un sans l’être et De l’angoisse à l’émerveillement ou de l’Un à l’Être (à paraître).

€8.17
(TTC - TVA à 2.1%)

Laissez un commentaire

Make sure you enter all the required information, indicated by an asterisk (*). HTML code is not allowed.