Revue doctrinale de théologie et philosophie
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Les articles (6)

Voici les articles du fascicule n°2 du tome CXIX (2019).

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  • Abstract

    Cet article est une revue de la production de la philosophie analytique qui cherche à mettre en lumière, à l’occasion de la présentation de plusieurs ouvrages en langue française, le caractère classique et intéressant des thèmes philosophiques abordés par les auteurs qui appartiennent au courant analytique. Il montre donc que la pensée aristotélico-thomiste peut se faire entendre dans ce contexte pour peu qu’elle accepte, comme la scolastique l’a toujours fait depuis son origine, la discussion argumentée.

  • Extract

    Les origines de la philosophie analytique sont diverses. Dès la fin du XIXe et au début du XXe siècle, Franz Brentano, éduqué dans l’aristotélisme, et représentant un courant de pensée d’Europe centrale n’ayant jamais accepté le kantisme, prône le développement d’une philosophie exacte, objective. L’une des thèses qu’il soutient est que la méthode de la philosophie doit être analogue, sinon identique, à celle des sciences. À Vienne se développera également le fameux cercle du positivisme logique qui tente d’unifier les sciences et de leur donner la forme et la portée d’un langage rigoureux. Ce projet aboutit au livre de Rudolf Carnap, La Construction logique du monde. Cela se double aussi, chez le même Carnap (1891-1970), d’un rigoureux vérificationnisme. Il implique un violent rejet de la métaphysique, accusée de ne pouvoir satisfaire aucun des deux critères de la scientificité : ni vérification sensible, ni langage rigoureux. Pendant ce temps, en Angleterre, Bertrand Russell (1872-1970), accompagné par George Moore (1873-1958), initie un rejet du néohégélianisme jusque-là dominant à travers Francis Bradley (1846-1924) et Bernard Bosanquet (1848-1923). Il lui substitue l’atomisme logique, qui s’exprime entre autres dans les Principia Mathematica (1910-1913). Influencé d’abord par le Cercle de Vienne, puis encore par le positivisme logique, Ludwig Wittgenstein (1889-1951) en viendra bientôt à imprimer à la philosophie le célèbre linguistic turn, le langage de référence étant dans un premier temps le langage de la logique, puis secondairement le langage ordinaire. Indépendamment du choix que l’on pouvait faire, la question de savoir quel état de choses justifiait les formules ou le langage ne cessait de se poser, aussi bien pour la logique à travers le problème de la référence et de la portée de la quantification, que pour le langage ordinaire, d’autant plus qu’Alfred Tarski (1902-1983) développait sereinement une doctrine de la vérité comme correspondance (= adaequatio) à la réalité. À partir de là, la voie s’ouvrait vers le développement d’un questionnement regardant l’ensemble des êtres, y compris ceux qui ne pouvaient pas être perçus par les sens comme les universaux, les nombres, etc. Le résultat fut qu’après le linguistic turn se produisit un inattendu metaphysical turn.

  • Page number (beginning) 323
  • Page number (end) 346
  • Category Recension
€8.17
(Incl. 2.1% tax)

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  • Abstract

    Dans la dernière partie du quatrième livre de la Somme contre les Gentils (Lib. IV, cap. 79-97), saint Thomas traite de ce qui dépasse la raison à propos de la fin ultime de l’homme (ibid., cap. 1, 12), et en particulier la glorification des corps des bienheureux. En effet, puisque le Seigneur Jésus est venu sauver tout l’homme, son âme et son corps, la question de l’état du corps humain des bienheureux après la Résurrection et le Jugement dernier appartient à la recherche de l’intellectus fidei. La démarche théologique fondée sur l’enseignement de la Révélation, la structure interne de ces chapitres, et enfin l’héritage patristique pleinement assumé par le Docteur commun, permettent d’aborder sereinement ses réponses à cette difficile question, placée ici au coeur du traité des fins dernières.

  • Extract

    Cette étude voudrait aborder la question de l’état des corps glorieux après la résurrection et le jugement dernier, à la lumière de la présentation qu’en fait saint Thomas d’Aquin dans son traité des fins dernières, en conclusion de la Somme contre les Gentils. Afin de mesurer la portée de la théologie du Docteur commun sur cette question, il n’est peut-être pas inutile, dans cette introduction, de considérer l’objection la plus fréquente dès qu’il s’agit d’eschatologie : il nous est impossible de parler de ce qui n’est pas encore et dont nous ne connaissons pratiquement rien. À plus forte raison pour les mystères de foi concernant la résurrection des corps et leur glorification après le jugement dernier. Les fondements de cette objection réelle sont très divers dans l’histoire de
    la théologie des fins dernières et demanderaient une étude à part. Quels qu’ils soient, la conclusion est claire : hormis la confession de foi en la résurrection de la chair (ce qui est déjà considérable de nos jours, même chez les chrétiens…), on ne peut, voire on ne doit rien dire concernant la vie future. L’homme ici-bas n’aura jamais de représentation ou image, ni de pensée exprimable sur les corps ressuscités : tout essai est donc vain.

  • Page number (beginning) 247
  • Page number (end) 297
  • Category Article
€8.17
(Incl. 2.1% tax)

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  • Abstract

    Dans la Somme de théologie, saint Thomas range l’humilité sous la vertu de tempérance comme une « espèce de modestie ». Régulièrement critiqué, ce classement peut paraître en effet réducteur, eu égard à la place essentielle tenue par l’humilité dans l’enseignement du Christ et dans toute vie spirituelle. La présente étude se propose de réévaluer le statut de l’humilité thomasienne au sein de l’organisme vertueux et d’en mesurer la conformité avec l’héritage biblique et patristique. Sans être la « mère des vertus », l’humilité présentée par l’Aquinate peut prétendre à être la « vertu lien » de Jean Chrysostome.

  • Extract

    Saint Thomas d’Aquin a laissé un bref traité sur l’humilité dans la Somme de théologie, la question 161 de la IIa-IIae. Par ailleurs, l’humilité revient sous sa plume dans d’autres oeuvres, en particulier à l’occasion de l’étude du Verbe incarné. Le Docteur fait de l’humilité une « espèce de modestie », laquelle est une vertu annexe de la tempérance. Cette approche rend-elle bien compte de la place réelle jouée par l’humilité dans la vie chrétienne ? Le P. Pinckaers remarque en effet : « Il faut bien l’avouer, la lecture de saint Thomas ne cause pas le même élan en faveur de l’humilité que les exhortations des Pères et des spirituels […]. Ne peut-on dire aussi que la vertu d’humilité se trouve un peu humiliée d’être reléguée après la modestie ? » Et le P. Louf d’affirmer : « C’est en effet comme un sous-produit, si l’on ose dire, de la vertu de tempérance que saint Thomas va cataloguer l’humilité chrétienne. »
    Moins polémique, Michel Zink écrit récemment : « [L’humilité] n’est pas une des vertus fondatrices. L’humilité n’est ni l’une des trois vertus théologales (la foi, l’espérance et la charité) ni l’une des quatre vertus. cardinales (la prudence, la force, la justice et la tempérance). Thomas d’Aquin en fait une catégorie de la tempérance. »
    Notre étude se propose de revisiter l’approche thomasienne de l’humilité. En relisant la question 161 de la IIa-IIae et les lieux parallèles du Docteur, nous chercherons tout d’abord à mesurer la convenance de la définition de saint Thomas : a-t-elle des fondements dans la philosophie antique ? Est-elle conforme à la notion scripturaire de l’humilité ? N’est-elle pas réductrice ? Dans un deuxième temps, nous essayerons de dégager les axes principaux de la doctrine thomasienne sur l’humilité, ceci afin d’en souligner l’extension. Enfin, nous pourrons évaluer la place réelle que vient jouer une telle humilité dans l’exercice des vertus théologales et morales du chrétien et sa cohérence vis-à-vis de la tradition spirituelle.

  • Page number (beginning) 211
  • Page number (end) 246
  • Category Article
€8.17
(Incl. 2.1% tax)

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  • Abstract

    L’auteur cherche ici à recueillir le meilleur de la position de saint Thomas, à en discerner les limites et à proposer quelques explicitations ou améliorations. La volonté divine permissive rend possible le mal moral, mais celui-ci ne s’ensuit pas nécessairement. Lorsque saint Thomas affirme que rien ne résiste à la volonté de Dieu à propos d’un effet donné ayant lieu à un instant du temps, cela vaut seulement de la volonté conséquente, laquelle tient compte de tout ce qui aura eu lieu avant cet instant. Donc la volonté de donner la grâce efficace tient compte de la non-résistance antérieure de l’homme à la grâce suffisante, et la volonté de donner la gloire à tel instant tient compte de la vie antérieure de mérite. Ce n’est pas de volonté antécédente que Dieu veut, indépendamment de toute considération des démérites, qu’il y ait des hommes à punir pour que sa justice soit manifestée. Ce n’est pas pour avoir des hommes à damner que Dieu a permis leur péché. Si l’acte de prédestiner, et l’ensemble de ses effets sont indépendants des actes des hommes, en revanche, la prédestination à un don précis tient compte de la prescience d’actes humains antérieurs à ce don. Le plan général du salut d’une personne use d’une série de moyens faillibles pour arriver à sa fin. L’esse communiqué par Dieu à l’effet de la cause seconde à travers celle-ci même est contracté par l’essentia (soit naturelle, soit intentionnelle) de la cause seconde. De ce fait, parmi les prémotions, seules les prémotions morales proposent comme objet de choix une spécification, et ce, de manière faillible, tandis que les prémotions physiques fournissent seulement le passage de la puissance à l’acte de délibérer et de choisir, c’est-à-dire l’exercice, et ce, éventuellement de manière infaillible. La grâce-motion n’est  pas autre chose que le mouvement même de l’âme. Si Dieu est en train de mouvoir la volonté créée à l’exercice de tel choix, il est incompatible avec cette hypothèse que la liberté créée ne soit pas en train d’exercer ce choix-là, mais cela n’entraîne nullement que sous la même motion efficiente de Dieu à l’exercice du choix à propos de la même spécification, le choix n’aurait pas pu être autre.

  • Extract

    2. L’exécution du plan divin dans la créature
    L’exécution du plan divin dans la créature temporelle a lieu a) d’une part au moyen du concours divin général, b) d’autre part par le biais d’un concours relevant de la grâce.

    a) Concours divin et liberté créée en général

    14. Un des principaux autres inconvénients du vocabulaire thomasien, vu de notre côté, c’est son opinion selon laquelle la « coercition » (et son usage de cogere est d’ailleurs polysémique) est seule à s’opposer à la « liberté », tandis que la nécessité ne s’y opposerait pas. Le Maître médiéval est ici tributaire d’une formule de l’évêque d’Hippone, laquelle a sans doute contribué à embrouiller ultérieurement les débats autour du jansénisme. Plus exactement, dans les questions qui nous occupent, et sans prévenir, il use du mot libertas dans deux sens bien différents, à savoir pour désigner soit simplement la libertas a coercitione, soit de manière plus restreinte la libertas a necessitate, le libre arbitre proprement dit, ou liberté psychologique. C’est seulement de temps en temps qu’il met en place la distinction entre les deux. C’est donc avec précaution qu’il faut citer les textes de saint Thomas affirmant que la « liberté » de l’homme est sauvegardée par telle ou telle motion divine (car certaines grâces actuelles sont opérantes et donc nécessitantes, et correspondent alors à des mouvements indélibérés de la créature, dotés de la seule liberté de spontanéité).

  • Page number (beginning) 299
  • Page number (end) 322
  • Category Article
€8.17
(Incl. 2.1% tax)

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  • Abstract

    À l’occasion d’une question portant sur le rôle de l’expérience dans l’élaboration de la science, Duns Scot se demande si c’est l’intellect agent ou l’intellect possible qui cause l’universel. Or, dans la réponse à une objection censée être celle de l’Aquinate, il affirme que, selon ce dernier, l’objet premier de l’intellect possible est le singulier, de sorte que l’abstraction serait une activité de celui-ci. Mais en réalité, pour Thomas d’Aquin, l’objet propre de l’intellect humain est la quiddité des réalités matérielles, et l’abstraction est une opération de l’intellect agent faisant passer de la puissance à l’acte la forme universelle individuée dans les choses sensibles. Il s’agit donc de chercher, d’après les conceptions thomasienne et scotiste de l’abstraction, pourquoi une telle thèse peut ainsi lui être attribuée.

  • Extract

    La question 4 du livre I du commentaire de la Métaphysique d’Aristote s’interroge sur l’origine de l’art et de la science : proviennent-ils de l’expérience ? Il s’agit de savoir comment s’articulent l’intuition sensible du singulier et le caractère universel de la science. Duns Scot affirme que l’expérience sensible est l’occasion, la condition sine qua non de la science, mais n’en est pas la cause génératrice.
    Trois objections principales avaient été formulées contre le rôle que peut jouer l’expérience vis-à-vis de la science. La troisième utilisait un raisonnement par l’absurde à partir de l’analyse des quatre types de cause, en affirmant que l’expérience ne pouvait remplir à l’égard de la science le rôle d’aucune de ces quatre causes. Duns Scot répond que l’expérience n’est certes pas cause efficiente unique, mais qu’elle est une cause efficiente instrumentale de l’acquisition de la science, la cause efficiente principale étant l’intelligence par la puissance de sa lumière naturelle (n° 83)
    La question qui se pose alors est de savoir ce qui, dans l’intelligence, joue le rôle principal : est-ce l’intellect agent ou l’intellect possible ? Duns Scot répond que c’est ce dernier qui est l’agent principal de l’acquisition de la science, car c’est en lui que se trouvent les habitus des principes et des conclusions (n° 84). Or la science est par essence déductive, procédant des principes pour en déduire les conséquences. Mais l’intellect agent a aussi un rôle à jouer (n° 85) : il abstrait les termes simples à partir des données sensibles, que l’intellect possible compose pour donner son assentiment à la proposition complexe, par lui-même s’il s’agit d’un principe évident, par l’expérience s’il s’agit d’un singulier.

  • Page number (beginning) 179
  • Page number (end) 210
  • Category Article
  • Sous-titre Recherches sur une réponse de Duns Scot à Thomas d'Aquin dans les Questions sur la métaphysique d'Aristote, livre I, question 4, n° 89
€8.17
(Incl. 2.1% tax)

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  • Abstract

    Ouvrages recensés :

    Durand (E.), Évangile et Providence (Ph.-M. Margelidon)
    Durand (E.), L’Être humain, divin appel (D. Le Pivain - Ph.-M. Margelidon)

  • Extract

  • Page number (beginning) 347
  • Page number (end) 352
  • Category Correspondence